Assistantes maternelles : pas reconnues à leur juste valeur

Elles sont 300 000 en France et font partie de l’électorat du scrutin professionnel dans les TPE. Leur métier est précaire et elles ont dû s’adapter aux conséquences de la crise sanitaire.

« Ce n’est pas reconnu par tout le monde comme un vrai métier. Certains pensent que c’est facile, que comme on est à la maison, on peut faire autre chose pendant ce temps, mais ce n’est pas du tout le cas… » Marinella Hubert est assistante maternelle depuis 2005, dans un village proche de Dijon (Côte-d’Or). Elle apprécie son métier, qui nécessite de « vraiment aimer les enfants » et représente « une responsabilité ». En quinze ans, elle a vu évoluer les enfants, « qui demandent beaucoup plus d’attention ». Elle a également connu des amplitudes horaires de travail éprouvantes, débutant parfois ses journées à 6 heures pour les terminer à 20 heures.

« Tous les trois ans, on repart de zéro. »

Exercé quasiment exclusivement par des femmes, le métier d’assistante maternelle est mal payé, avec un salaire brut horaire minimum de 2,85 euros par enfant, très en-dessous du Smic (à 10,15 euros). Comme pour la plupart des métiers très féminisés l’expertise et la technicité requises, le degré de responsabilité ou encore les contraintes ne sont pas reconnus. « Il y a aussi la précarité. Tous les trois ans, on est obligées de repartir à zéro », ajoute Christelle Sialelli, assistante maternelle près de Poitiers (Vienne). L’entrée des enfants en école maternelle, à l’âge de 3 ans, modifie en effet fortement les besoins de garde des parents. Heureusement pour elle, « le bouche à oreille fonctionne bien » et il lui arrive de se voir confier la garde de petites soeurs ou petits frères d’enfants dont elle s’est occupée quelques années plus tôt.

Crise sanitaire : arrêts de travail, chômage partiel…

La crise sanitaire a bien entendu son lot de conséquences. Les retraits provisoires d’enfants pendant le confinement ont entraîné des périodes de chômage partiel, avec le choix laissé aux parents de compléter ou non l’indemnisation de l’État pour maintenir le niveau de rémunération. Sans compter les démarches administratives, parfois compliquées. Certaines activités quotidiennes ont également dû être modifiées ou annulées. Christelle fréquente ainsi un relais dédié aux assistantes maternelles, qui permet d’échanger avec les collègues, « mais avec ce deuxième confinement, beaucoup ne viennent plus », explique-t-elle. Marinella a, en plus, dû renoncer provisoirement à la baby-gym. « Alors on fait des petites promenades, du dessin, de la pâte à modeler, de la musique… », précise-t-elle. 

Conditions d’agrément différentes selon les départements

Marinella et Christelle sont toutes deux candidates sur une liste CGT pour les élections dans les TPE, en Bourgogne-Franche-Comté et en Nouvelle-Aquitaine. Christelle, qui a vécu l’arrivée de la convention collective, reconnaît qu’il n’est pas toujours facile d’expliquer aux collègues que ce genre d’avancée est dû « au travail des syndicats ». Et « il y a encore beaucoup de choses à améliorer », insiste-t-elle, dont les conditions d’agrément, qui peuvent varier d’un département à l’autre, voire les conditions d’exercice du métier. « A certaines, on demande que leurs enfants et leur mari ne soient pas présents quand les parents viennent chercher leurs enfants », illustre-t-elle. Elle aimerait aussi que « des remises à niveau pour la formation aux premiers secours » soient proposées ou encore « des formations sur le temps de travail », avec solution de garde alternative.

Les outils spécifiques de la CGT Commerce et services

Etre assistante maternelle, c’est d’ailleurs être à l’affût des évolutions légales, certains parents étant peu informés ou dépassés par leur statut d’employeur. La CGT Commerce et Services a mis en place un certain nombre d’outils. Ces derniers jours, le compte Facebook CGT Asmat (https://www.facebook.com/cgtassmat/) a par exemple expliqué la suppression des jours de carence dans l’indemnisation complémentaire des arrêts de travail liés au Covid. De son côté, le site « Mon contrat en poche » (https://moncontratenpoche.fr/) permet de consulter la convention collective, de télécharger des modèles de contrat, de calculer le salaire ou l’indemnité de rupture… Et pour celles qui veulent en savoir plus sur le vote CGT, une profession de foi adaptée à leur métier est en ligne sur le site « Respecgt » (https://respecgt.fr/documents-elections-services-a-la-personne/tpe/espace-salarie-tpe/assmat/coupon-de-syndicalisation/).

Publié le 7 décembre 2020.
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